Un beau récit où la musique a toute son importance

A travers l’histoire intime et familiale, Agnès Desarthe nous livre un portrait de sa grand-mère qui fait écho à la grande diva Oum Khalsoum.

Fin , subtil et limpide, nous retrouvons avec plaisir le style d’Agnès Desarthe.

« Tu es ma vie, chante la femme à l’épaisse chevelure noire maintenue en un chignon gonflé. Elle a un mouchoir à la main, comme ma grand-mère, des lunettes fumées, comme ma grand-mère, elle parle arabe, comme ma grand-mère. »

1956, Besançon : un jeune homme venu d’Algérie découvre la France.

6 octobre 1973, Paris, jour de Kippour : une enfant comprend confusément qu’une guerre vient d’éclater.

Au fil du texte, la chanson Enta Omri d’Oum Kalsoum devient fil d’Ariane : une musique-mémoire pour dire l’exil, la langue, la transmission, la traduction – et ce « douanier » imaginaire qui laisse passer les mots mais retient la culture. Avec une justesse éblouissante, Agnès Desarthe signe un récit la fois intime et ample où la musique ouvre les portes du passé et éclaire la complexité d’une appartenance.

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